Contexte · statistiques publiques
État des lieux — Violences sexuelles et délinquance en France
Compilation des données open data de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationale (SSMSI). Une vue statistique des violences sexuelles, violences physiques et violences conjugales en France depuis 2016, pour contextualiser l'affaire d'État Lyhanna dans le paysage national de la protection de l'enfance.
Chiffres clés (France, 2025)
Évolution depuis 2016
Séries annuelles : chiffres bruts de la police et gendarmerie national. Données consolidées par l'ONDRP (Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales). Cliquez sur les courbes pour montrer/masquer les indicateurs.
Croissance comparée : population et violences (base 100 en 2016)
Chaque barre représente l'indice annuel par rapport à 2016 (= 100). Les violences enregistrées ont augmenté bien plus vite que la population, ce qui exclut la seule démographie comme explication. Passez la souris sur une barre pour le détail.
Les chiffres, source par source
Au-delà des séries de la délinquance enregistrée, un panorama des violences sexuelles à partir des sources publiques officielles — SSMSI, Insee, ONPE, plan de lutte contre les violences faites aux enfants. Chaque chiffre porte sa source (organisme, document, année, lien).
2025 : la hausse se poursuit
Le communiqué du SSMSI du 27 février 2026 confirme une nouvelle hausse des victimes de violences physiques et sexuelles enregistrées en 2025, en particulier pour les violences physiques envers les mineurs. Depuis 2016, le nombre de mineurs victimes progresse d'année en année plus vite que celui des adultes.
Comptages détaillés 2025 (provisoires) non revérifiés sur le document primaire ; seule la tendance, énoncée dans le titre officiel du communiqué, est reprise ici.
Contexte : pourquoi cette disproportion ?
Les chiffres de la police et la gendarmerie (SSMSI) ne représentent qu'une infime fraction des violences réelles. Trois facteurs majeurs :
- Taux de dénonciation très faible : Pour l'inceste, la CIIVISE estime que 99,5% des victimes ne portent pas plainte.
- Classements sans suite systématiques : 60-94% des plaintes pour violences sexuelles sont classées sans suite (selon le type de crime).
- Chaîne judiciaire défaillante : Détection insuffisante en milieu scolaire, médical, social. Absence de spécialisation des juges. Accueil inadapté des victimes.
L'affaire Lyhanna : un symptôme
La disparition de Lyhanna le 29 mai 2026 révèle les dysfonctionnements structurels de ce système :
- Le principal suspect avait fait l'objet de 4 plaintes en 10 ans (2017, 2022, août 2025, juin 2026) — dont 2 classées sans suite.
- Une plainte de 2022 a mis ~6 mois à parvenir aux gendarmes (ballottée entre les tribunaux).
- Aucune surveillance, aucun signalement inter-services.
- La commission d'enquête dénonce : absence d'imprescriptibilité, formation insuffisante des magistrats, budget public dérisoire (12,7 M€ contre 344 M€ requis).
Ces données publiques illustrent l'urgence des 56 mesures votées (rapport AN, collectif FLI, CIIVISE, CESE) pour renforcer la prévention, la détection et la sanction des violences sexuelles sur mineurs.
- SSMSI / MIPROF — Lettre « Les violences sexistes et sexuelles en 2024 » (nov. 2025)
- ONPE / France Enfance Protégée — Chiffres nationaux de la maltraitance intrafamiliale
- Insee — « Violences au sein de la famille » (déc. 2021, données 2019)
- Ministère des Solidarités — Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027
- SSMSI — Bases statistiques de la délinquance enregistrée (data.gouv.fr)
- Indicateurs de victimation (data.gouv.fr)
- Commission d'enquête — Traitement judiciaire de l'inceste (Assemblée Nationale)
- CIIVISE — Commission Indépendante sur l'Inceste et les Violences Sexuelles faites à l'Enfant